Le Ramadan et moi
Cela fait plus d’une semaine que le Ramadan a commencé, et une question taraude la rédac’ : comment ça se passe pour vous ? Retrouvez chaque semaine une interview spéciale Ramadan. Pour ce 1er volet, 4 Gazelles nous expliquent comment elles vivent le jeûne entre le travail, la famille, la cuisine… Et surtout quel impact détient ce mois sacré sur leur spiritualité et leur vie ? Réponses.
La chaleur complique-t-elle le jeûne?
Ines (27 ans, actuaire), nous confie : « La chaleur est supportable. C'est surtout la soif qui est difficile à gérer… ». Sonia (22 ans, étudiante) confirme : « Le plus dur, c’est la soif. Mais je fais en sorte de ne pas m’exposer au soleil, et tout va bien ».
Pour Nora (30 ans, contrôleuse de gestion), c’est une question de moment : « Au bureau j’ai la clim’ donc je ne ressens pas la soif. Le week-end par contre la chaleur est plus difficile à gérer ».
Salima (49 ans, mère au foyer) s’y est faite : « Les gens se plaignent qu’il fasse beau ou qu’il pleuve ! Jeûner sous la chaleur oui c’est dur, mais c’est comme tout, on s’y fait ! ».
Au travail, comment ça se passe ?
Ines profite de la tranquillité du bureau l’été : « C'est plutôt calme car les gens sont en vacances. Les horaires sont donc plus souples, ça tombe très bien avec le Ramadan. Je ne compte pas prendre de congés : le jeûne au boulot, je gère ! ».
Sonia quant à elle fait découvrir sa culture au bureau : « C’est l’occasion d’expliquer aux collègues en quoi consiste ce mois, certains pensaient par exemple que j’étais autorisée à boire ! Pour l’Aïd, j’apporte des pâtisseries traditionnelles ».
Pour Nora, tout est normal : « Mon rythme ne varie pas. J’ai des journées bien remplies qui passent très vite. Avec les collègues, il est vrai que nos discussions tournent beaucoup autour du Ramadan… »
Quant à Salima, c’est différent : « La question ne se pose pas pour moi vu que je ne travaille pas ! Mais je reconnais que l’entretien de la maison est plus intense, il y a plus de vaisselles à laver qu’en temps normal par exemple ».
Vivre dans un pays « non Musulman » a-t-il un impact sur votre manière d’aborder le Ramadan ?
Ines est formelle : « Pour moi ça ne change rien de pratiquer le Ramadan ici ou ailleurs ». Sonia partage cet avis : « On vit toute l’année dans un cadre « non muslim », donc je ne vois pas en quoi ça me gênerait ?». Pour Nora, c’est une question d’état d’esprit : « Le cadre n'influence pas ma détermination à bien accomplir mon jeûne. ». Salima répond sans hésiter : « Du moment que je suis entourée de ma famille, peu importe le lieu ! »
Votre moment « préféré » de la journée ?
Pour Ines, c’est l’histoire de quelques secondes : « Quand je bois un verre de lait bien frais accompagné d’une bonne datte tendre et sucrée ». Pour Nora : « Quand je cuisine avant la rupture du jeûne, je suis curieuse de savoir quel goût aura mon plat. ». Sonia quant à elle apprécie le rendez-vous à la mosquée : « Pour moi, le meilleur moment reste la prière de Tarawih, tous les soirs ». Salima évoque le mois dans son ensemble : « Je n’ai pas d’instant préféré dans la journée, mais je reconnais que j’aime les derniers jours du Ramadan, à l’approche de l’Aïd. ».
Côté cuisine, jouez-vous la « Master Chef » ou c'est la maman qui s’y colle ?
« Pas le temps », « je ne suis pas douée », « 100 % délicieux », « ma mère est une pro »… Elles sont unanimes ! Les mamans sont les cuisinières officielles du Ramadan de nos Gazelles. Exception faite pour Salima, qui n’a pas le choix. Sa famille ne demande qu’après les bons petits plats de cette maman. Nos Gazelles précisent tout de même qu’elles mettent la main à la pâte dès qu’elles ont le temps, le week-end surtout.
Au-delà du jeûne, qu’est-ce que le Ramadan représente pour vous sur un plan spirituel ?
Ines nous confie : « En un mot je dirai "piété". C’est un mois où je tente de prendre du recul sur moi-même, sur mes actes. Je me repentis et demande pardon pour mes péchés. C’est comme un nouveau départ ». Pour Sonia, le Ramadan est un moyen de se purifier : « J’ai l’impression de me ressourcer, en lisant le Coran, en assistant aux prières de Tarawih. C’est aussi un mois d’endurance, le jeûne est à mes yeux une sorte d’épreuve qui renforce ma foi ». Nora nous explique : « Les valeurs Islamiques sont souvent négligées toute l'année et certains se réveillent uniquement pendant le Ramadan ! Ce mois est une bonne piqûre de rappel pour tous les Musulmans. Le partage, la fraternité et le don de soi redeviennent une priorité pour nous tous ». Salima y voit un véritable recueillement spirituel : « C’est comme si le Ramadan me rapprochait d’Allah. Je me recentre sur moi-même et me remets beaucoup en question ».
Myriam TALEB
paru le 01/08/2012



