Khôl, la poudre magique...
Les peintures d’Eugène Delacroix ou d’Alexandre Gabriel Decamps représentent la beauté de la femme orientale. Son atout ? Un regard de braise, souligné par un trait de Khôl. Un make up phare, qui existe pourtant depuis des millénaires. Flash back.
Mais qu’est-ce ce sable ébène qu’idolâtrent ces femmes d’Inde au Maroc en passant par le Soudan ?
C’est une poudre millénaire de couleur noire ou grise aux pouvoirs médicinaux reconnus. Le khôl (noir en arabe) en poudre existe depuis l’Egypte antique, souvenez-vous de l’oeil de biche de la belle Cléopâtre, elle réalisait des smokey-eye bien avant l’heure !
La légende dit que cette poudre est un cadeau de Dieu : « Quand l'éclat du Seigneur paru sur le mont du Sinaï, il embrasa la montagne entière et en calcinant toutes ses pierres, les transforma en khôl... ».
D’un point de vue historique, ce sont les arabes puis les berbères qui ont repris et démocratisé ce produit obtenu en broyant du sulfate de cuivre, de l’alun calciné, du zenjar (carbonate de cuivre) auquel on va rajouter certains végétaux comme le clou de girofle cuit, le poivre blanc ou de l’huile d’olive pour certaines. Une légende raconte que seules des femmes ménopausées peuvent fabriquer cette fameuse poudre.
Beaucoup d’ophtalmologues aujourd’hui, affirment que cette poudre est idéale pour soigner les conjonctivites, les rougeurs ou les irritations de l’oeil. Ses adeptes, les plus célèbres restent sans doute, ces femmes et ces hommes du désert qui ont coutume d’en appliquer avant d’affronter une énième traversée, le khôl devient alors un rempart et protège efficacement les yeux d’une tempête de sable ou d’une lumière aveuglante.
Les femmes berbères qui le fabriquent, pendant des heures et des heures, affirment toutes que seul le khôl traditionnel en poudre est efficace. Et que le crayon dit industriel présenté sous toutes les formes et couleurs possibles n’a aucune efficacité, du moins d’un point de vue médical…
Sabrina BENALI
paru le 05/12/2011





