« Laylat Al Qadr », une nuit mythique…

 

Le ciel se fend, une lumière exceptionnelle semble s’en dégager, les anges descendent pour prier sur la Terre… Non chères lectrices, vous n’êtes pas entrain de lire le prochain scénario de Spielberg, mais se sont quelques croyances rapportées par nos ancêtres sur cette fameuse Nuit du Destin.


 

Le Prophète (SAW) a dit: « Toutes les fautes passées sont pardonnées à celui qui passe la nuit du Destin en veillée pieuse avec foi et espoir de récompense » (Mouslim).

 

En effet, l’Islam, promet aux croyant une récompense des plus bénéfiques, à ceux qui auront veillé et prié, toute la nuit.  D’ailleurs, les rites musulmans, ont souvent servit à nourrir les croyances populaires.


Soucieux de préserver les traditions musulmanes, et afin de souligner l’importance de la prière pendant le mois sacré du jeûne, les anciens nous ont souvent raconté lorsque nous étions petits des histoires dignes de fiction mais auxquelles, il était si bon de croire. « Lorsque j’étais toute petite, ma grand-mère me disait toujours de veiller toute la nuit, le 27ème jour du Ramadan. Elle me répétait que Dieu me récompenserait en exauçant tous mes vœux. Elle me disait cependant, de prendre garde à ne pas dire de terme injurieux ou déplacés, lorsque je verrai la lumière émaner du ciel. En effet, elle m’affirmait que bien des personnes, surprises d’assister à cet instant magique, ne formulait pas correctement leurs souhaits. C’est ce qui semblait être arrivé à la jeune fille qui voulait avoir de longs cheveux. Au lieu d’obtenir une longue et belle chevelure, elle a vu sa tête grossir de jours en jours, jusqu’à en mourir. Sous le choc elle aurait prononcée ces paroles : « Mon Dieu, fais moi grandir ma tête ! ». Ma grand mère insistait sur la clarté de nos vœux, puisque pour elle, les anges présents sur terre, cette nuit là, notent mots pour mots nos volontés », raconte Fatima-Zohra, 32 ans. Cette lumière provenant du ciel, symbolisant l’ouverture de celui-ci n’est paraît-il pas perceptible à tout le monde. Si nous nous référons aux dires des uns et des autres, le commun des mortels, ne pourrait la voir s’il n’est pas pieux.

« Ma grand-mère me répétait souvent cette phrase : « Si tu vois le ciel s’ouvrir demande ce que tu veux et surtout demande : « Lmal wa louled », la richesse et les enfants. Elle rajoutait aussi qu’il était permis de voir cette merveille seulement aux personnes bonnes et que si une personne mauvaise venait à apercevoir le ciel se fendre, alors, elle n’aurait aucun moyen de prononcer ses vœux. Elle perdrait littéralement, la parole… », rapporte Mohsin, 31 ans. Les témoignages rapportés par nos ancêtres concernant la Nuit du Destin traversent le temps et continuent de faire des adeptes parmi les croyants.

 

Un mythe bien entretenu

En Islam, les derniers jours du Ramadan sont très importants. Ils permettent de tester la ferveur des croyants envers Dieu. On rapporte d’ailleurs, que le Prophète Mohammed s'isolait dans la mosquée et ne la quittait que pour ses besoins personnels et cela jusqu’au jour de l'Aïd.

Selon Al-Bukhâri et Muslim, il disait « Cherchez la Nuit d'Al-Qadr dans les dix dernières nuits de Ramadan ». Si les légendes fondées autour de ce jour, rejoignent parfois la religion elles n’en sont pas moins incroyables !

 

D’ailleurs, comme pour retrouver leur âmes enfantines, cette innocence et ce besoin de croire encore aux miracles, aux belles choses et tout simplement à Dieu, certaines personnes se remettent à rêver le temps d’une dizaine de jours ou d’une nuit selon les croyances, à ces récompenses promises et tant convoitées. Il arrive parfois qu’elles se surprennent elles-mêmes à raconter les histoires contées par les anciens de leur famille, lorsqu’elles étaient enfants. Chaque année, à l’approche du 27ème jour du mois de Ramadan, ces personnes éprouvent du plaisir à transmettre ce qu’elles savent de ce jour, à leurs amis, à leurs enfants, à leur conjoint, à qui veut l’entendre et surtout le croire ! « Quand nous étions petites, vers l’âge entre sept et huit ans, ma sœur et moi faisions le Ramadan, la veille du 27ème jour. Ce jour-là était sacré chez nous, un peu comme Noël pour les Chrétiens. Nous étions friandes de ce genre d’histoires et souvent, ma sœur et moi demandions à notre maman de nous raconter ce qu’elle savait de la Nuit du Destin.  Elle nous transportait vers un monde indescriptible et nous étions. Nous avions déjà épuisé le répertoire de Cendrillon, La Belle au  bois dormant et autres contes Disney… A cette époque, nous aimions parler de Dieu avec notre maman, elle avait le don de nous faire apprécier la religion et de nous permettre de rêver à un monde meilleur. Aujourd’hui, je tente de conserver cette part d’innocence en moi et quand le moment est opportun, il m’arrive de parler ou de raconter à mon tour les histoires qui ont fait le bonheur de nombreuses générations, avant la mienne, à mes amies. J’aimerais qu’elles ressentent cette sensation magique lorsqu’elles prient Dieu », explique Souad, 28 ans. Croyant aux bienfaits de cette nuit, nombreux attendent le signe du Destin qui saura changer leur existence.

 

 

Darine HABCHI

paru le 27/08/2011

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