Azzedine Alaïa, l'artiste
Rien ne prédestinait ce tunisien de 71 ans à devenir l'un des plus grands noms de la mode. Il voit le jour en 1940, à Tunis. Dès son plus jeune âge, il est attiré par la création, c'est ainsi qu'il entre aux Beaux-Arts de la capitale tunisienne. Parallèlement, il apprend à coudre auprès de sa soeur. Il achève ses études et obtient alors un diplôme de sculpteur. Mais le jeune Azzedine a d'autres ambitions…
Fin des années 50, il est à Paris. Il travaille pour des maisons de coutures chics et célèbres : Christian Dior, Guy Laroche ou Thierry Mugler. Mais très vite, il se démarque de la ligne de création des maisons françaises. Il a son propre style, il veut sublimer la femme à sa façon, il lance alors sa propre marque, dans les années 60.
Certains l'adorent, d'autres le détestent mais tous lui reconnaissent un talent, une fraîcheur, un savoir-faire... Il est le styliste star des années 80, 90 et 2000. Il est le précurseur du « body-consciousness », utilisation de matières qui épousent les courbes du corps. Il tend à sublimer la femme et elle le lui rend bien, les plus grands top models de la planète ne jurent que par ses créations, Naomi Campbell sera longtemps sa muse.
Pour les plus férues de mode d'entre vous, son nom est une référence si ce n'est LA référence. Pour les autres, son nom ne vous est pas inconnu. Il n'évoque cependant jamais une possible influence de ses origines tunisiennes et orientales dans ses créations, même si certaines d'entre elles vous rappelleront ces robes majestueuses de cocktail que portent les femmes au Moyen-Orient.
De longues robes envoutantes, élégantes taillées dans des tissus exceptionnels, il privilégie des couleurs comme le noir et le blanc, la sobriété, toujours. De longues robes qui ont pris l'habitude de fouler les tapis rouges des cérémonies les plus huppées de la planète. Adulé et sollicité en France et dans le monde, Azzedine Alaïa n'aime les strass et les paillettes que sur ses créations et pourrait donner des leçons de modestie à chacune de ses apparitions publiques.
Sabrina BENALI
paru le 19/09/2011




